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Thronebreaker: The Witcher Tales

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Thronebreaker : the Witcher tales
 
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Developpé et édité par CDProjekt Red, dispo sur Gog et Steam pour 25.89€.
 
Je ne suis pas un afficionado des jeux cartes même si j’apprécie le principe. De plus, Le contenu titanesque de the Witcher 3 m’avait rapidement poussé à délaisser le Gwent après quelques parties pour me concentrer sur le reste du jeu. En conséquence ni le stand alone Gwent ni son mode solo ne m’intéressait. Néanmoins, l’annonce de Thronebreaker, les différents tests et les premiers retours ont piqué ma curiosité : la promesse d’un RPG narratif dans l’univers du Sorceleur, couplé avec un Gwent adapté était alléchante.  
 
Thronebreaker se passe pendant la Saga du Sorceleur, et donc avant les jeux The Witcher 1/2/3. On incarne Meve, reine de Riv et de Lyrie dans la guerre qui oppose les royaumes du Nord et le Nilfgard. Sans dévoiler les détails de l’intrigue, l’objectif va être de recruter/gagner des alliés. L’histoire est narrée par un conteur en voix off, et les dialogues de tous les personnages sont doublés. Le jeu est bien ancré dans l’univers de Sapowski. On retrouve les thèmes abordés dans les livres et les jeux précédents : la guerre, les conflits entre humains et non-humains, l’usage de la magie, etc, avec pas mal de références disséminées çà et là. L’ambiance est lourde (c’est la guerre après tout), mais il y aussi des moments plus légers, à base de festin et de concours de boissons par exemple, dans la lignée des jeux précédents. L’apparition de Geralt est en revanche anecdotique, ce dont on pouvait se douter à la lecture des bouquins.  
 
Notre quête nous amène à parcourir plusieurs régions, qui prennent la forme de grandes cartes sur lesquelles on déplace notre armée symbolisée par le personnage de Meve, un peu comme dans la série des Heroes of Might and Magic. Les environnements sont variés : des villages incendiés aux marais putrides en passant par des montagnes enneigées. Personnellement, je trouve la direction artistique dessinée très réussie tout comme l’environnement sonore et les animations : la traversée d’un champ incendié par exemple se traduit par une modification des couleurs vers le rouge sur votre écran et l’apparition d’un crépitement des flammes dans vos oreilles. On s’y croirait. Il en va de même pour les phases de dialogues et les plateaux de combats qui sont très agréables à l’œil malgré leur simplicité.
 
Les cartes sont assez grandes mais la progression est en fait très linéaire : l’objectif est matérialisé par un point d’exclamation et on a juste à suivre le chemin qui y mène, sans avoir à faire de détours. Sur notre route, on rencontrera des petits évènements qui déboucheront sur des combats ou des décisions à prendre. Par exemple, on débarque dans une ville dans laquelle a lieu un lynchage de non-humains. Faut-il intervenir ? Dans ce cas, vous aurez peut-être un combat à mener contre la foule en colère à l’issue duquel on vous demandera si vous souhaitez pendre les coupables du massacre. Cette dernière décision peut avoir une incidence sur le moral de vos troupes (qui procure des bonus ou des malus pendant les combats) ou sur le déroulement d’un évènement futur. Ce genre de quêtes sont plutôt bien écrites et forcent à se mettre dans la peau de la dirigeante qui doit souvent préférer un mal à un autre.  
 
Au fil des quêtes on rencontre différents personnages, qui pourront faire grossir les rangs de notre armée et s’ajouter parfois avec des unités supplémentaires à notre deck. Mais attention, certaines décisions peuvent froisser les principes de nos compagnons, qui décideront alors de quitter la compagnie. Ou encore, les agissements de certains nous pousseront à nous en séparer. De leur présence à nos coté dépendront également les options que vous aurez dans les quêtes futures. Vous aviez recruté un chevalier errant tueur de monstre mais celui-ci s’est rendu compte que vous vous étiez laissé aller à quelques bassesses pour gagner un peu d’or ? Pas de chance, il vous faudra maintenant aller vous-même fouiller certaines grottes, au risque de perdre quelques hommes. Les personnages sont intéressants et il est possible de leur parler pour en découvrir davantage sur leur passé et leurs motivations.  
 
Au gré de nos pérégrinations, on collecte des ressources de trois types : de l’or, du bois et des recrues. Ces ressources ont pour utilité d’une part de recruter des unités, c’est-à-dire de crafter des cartes supplémentaires pour notre deck, représentatif de notre armée, et d’autre part d’améliorer les bâtiments du campement, ce qui permet de débloquer le recrutement de nouvelles unités, c’est-à-dire d’autoriser la fabrication de nouvelles cartes. Ainsi on a les outils pour adapter son deck et le moduler à ses souhaits. En sus, ces ressources peuvent servir auprès des PNJ pour la résolution de quêtes ou simplement pour obtenir des informations. On trouve également plusieurs récompenses pour le jeu multijoueur Gwent : quelques cartes et des cosmétiques.
 
Les combats prennent la forme de partie de Gwent, avec parfois quelques adaptations. Tout d’abord, il faut préciser que les règles ont pas mal évolué depuis The Witcher 3 : le nombre de lignes est passé de 3 à 2 et les unités peuvent être indifféremment placée sur la ligne de combat rapproché ou de combat à distance. Les unités gagnent des capacités qui permettent de faire davantage de combos et d’infliger des dégâts aux unités ce qui a pour effet de diminuer leur force ou leur armure (autre nouveauté) voire carrément de les détruire.
 
Si les batailles standards se jouent toujours au meilleur des 3 manches dans Thronebreaker, celles-ci sont assez minoritaires et souvent limitées à des objectifs secondaires comme par exemple un combat contre un monstre dans un cimetière. La plupart des batailles qui s’intègrent aux quêtes proposent des objectifs spécifiques, facultatifs ou non : il ne sera plus forcément question de cumuler davantage de points que son adversaire mais plutôt de détruire tel ennemi, ou bien de faire passer un chariot de marchandise de notre côté afin d’en récupérer le contenu. Certaines parties sont même des casse-têtes avec un jeu prédéfini, des règles spéciales et un objectif spécifique. Lors de certains combats, vous aurez même des rebondissements (scriptés) avec par exemple des alliés faisant leur apparition opportune sur le champ de bataille.  
 
Cette variété dans les combats est appréciable, parce que chaque combat nécessite un peu de réflexion afin de remplir l’objectif qui est assigné. Cependant, le jeu demeure assez facile. N’étant pas un spécialiste des jeux de cartes, j’avais commencé le jeu au niveau intermédiaire (le deuxième sur trois). Arrivé à la moitié du jeu, j’ai haussé en difficile mais je n’ai pas davantage été mis en difficulté. De plus les ressources sont disponibles en abondance et permettent d’améliorer très facilement son camp au maximum et de crafter toutes les unités que l’on souhaite mais cela reste anecdotique car à aucun moment il n’est exigé de la part du joueur qu’il optimise un peu son deck. Perso, je me suis contenté d’ajouter les cartes qui semblaient bien fonctionner et je gagnais haut la main la quasi intégralité des affrontements à partir de la moitié du jeu. Seule la bataille finale a demandé de changer la philosophie de mon deck.
 
Il vous faudra peu ou prou une trentaine d’heures pour voir la conclusion de votre périple. C’est un peu long d’autant que le milieu de l’aventure manque de rythme. Couplé à la facilité du jeu, j’ai peu envie de refaire une partie en prenant des décisions différentes.  
 
J’ai joué en version française que j’ai trouvée bonne au niveau des doublages, et les textes sont au niveau des livres pour ce qui est de la richesse des descriptions et du vocabulaire. En revanche certaines descriptions des capacités des cartes n’étaient pas très claires notamment lorsqu’il s’agissait des règles spéciales de certains casse-têtes. Le jeu bénéficie globalement d’une très bonne finition et je n’ai pas rencontré de bugs majeurs, même si j’ai soupçonné à certains moments le mauvais fonctionnement de certaines cartes.  
 
Pour conclure, on est face à un jeu qui présente selon moi 2 visages. D’une part une partie narrative très réussie qui s’appuie sur l’univers de The Witcher de manière convaincante et qui vous demandera de faire des choix dont les répercussions ne seront pas immédiates. D’autre part une partie gameplay timide avec de bonnes idées et de la variété, comme les casses têtes, mais qui souffre de l’absence de défi et ne force pas vraiment le joueur à s’adapter et varier son jeu. L’ensemble fonctionne bien si l’on recherche un jeu divertissant et pas prise de tête, mais pas plus.  
 
Quelques captures :
 
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