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Dragon Quest XI: Echoes of an Elusive Age

Amis du JRPG, afficionados de la japaniaiserie , adorateurs de Toriyama, chers nostalgiques d’une époque que l’on aurait pu croire comme définitivement révolue : réjouissez-vous ! Le genre est de retour en la personne de Dragon Quest XI, qui ne signe non pas un renouveau du genre, mais perpétue bel et bien les secrets d’une ancienne tradition. Et comme c’est bien fait, et que c’est beau, et que j’y ai pris beaucoup de plaisir ça valait forcément que je perdre quelques dizaines de minutes de mon précieux temps à rédiger un petit compte rendu pour nos amis tartuffes de tout poil.
 
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Tout d’abord un bref point sur le scénario, qui commence de manière on ne peut plus classique : vous incarnez l’éclairé, la réincarnation du sauveur du monde, rien de moins. Et forcément, comme vous êtes promu à un grand destin, vous allez rapidement vous retrouver embarqué dans une aventure épique qui conduira à réitérer les exploits de votre prédécesseur. Bien que très convenu de prime abord, la narration réserve quand même son lot de twists et de surprises pas forcément attendues, même si globalement on reste dans quelques chose qui a déjà été vu, voire revu. L’histoire se laisse suivre agréablement quoiqu’il en soit , malgré un héros qui n’est toujours pas doué de parole ni de la moindre expression faciale, si ce n’est un hochement de tête de ci de là, ou un sourire quasi imperceptible.
 
Pour s’acquitter de la tâche dantesque qui l’attend, notre héros pourra compter sur l’aide d’une bande de joyeux drilles, des personnages tout à fait hétéroclites, recrutés de ci de là, et qui n’échappent pas aux codes standard du JRPG. C’est donc bien une bande d’adolescents qui constituera le gros de votre troupe, même si un ou deux personnages pourront un peu dénoter parmi toute cette clique juvénile.
 
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Toute l’équipe au coin du feu
 
La structure est tout à fait classique également. Quelques villes importantes de ci de là, des environnements qui vont du désert aux plaines enneigées en passant par des contrées verdoyantes, des moyens de déplacement qui évoluent au fil du temps, pas de doute, on est en terrain connu. A noter que les rencontres avec les monstres ne sont plus aléatoires, mais qu’on peut choisir quel ennemi ou groupe on va affronter puisqu’il est directement visible. On peut donc tout à fait décider d’éviter les combats ou de se focaliser sur un type de monstre spécial pour farmer.
 
Quid ? Du farm ? Oui, du farm, parce que même si farmer l’expérience et l’or ne sera pas vraiment nécessaire en mode classique, vu la relative simplicité du jeu, on aura quand même envie d’utiliser l’une des fonctionnalités implémentées dans cet opus : la forge. Repris de DQVIII, le principe en a été amélioré à mon sens. Auparavant on balançait des objets dans une marmite en espérant avoir fait un bonne combinaison, et maintenant on ne peut créer que des éléments dont on aura préalablement obtenu les plans , la plupart du temps en ayant lu le bon bouquin parmi les nombreux recueils disséminés ici et là dans la monde. Personnellement j’ai beaucoup aimé cette nouvelle façon de forger, et si on est perfectionniste on peut vite y passer un paquet de temps pour maintenir le stuff de ses personnages à jour.
 
Parlons baston, un peu. Aucun bouleversement là encore, on reste sur du combat tour par tour, avec définition de l’ordre d’action selon l’agilité. Chaque personnage aura le choix entre plusieurs armes, et pourra apprendre plusieurs aptitudes génériques ou relatives à l’arme en question, actives ou passives. Par exemple, notre héros pourra rapidement apprendre à utiliser une lame de feu avec l’épée à une main, et en parallèle augmenter passivement le taux de critiques avec cette arme. Tout cela se fait en remplissant des cases d’un arbre de compétence, avec des points que l’on aura acquis lors de chaque montée de niveau. Enfin « arbre », le mot est fort, on n’est pas sur du path of exile non plus, c’est plutôt une succession de cases qu’on ne peut activer que si on a activé une case adjacente, et cela sur 3 ou 4 branches. Rien de dingue. Personnellement j’ai même trouvé qu’il y avait beaucoup trop d’aptitudes qui se ressemblaient pour pas mal de personnages, au final on passe son temps à spammer les mêmes compétences avec sa dream team.
 
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Celui là va nous causer des problèmes
 
Ceci dit les combats restent forts plaisants. D’une part parce que les compétences en question sont pour la plupart assez dynamiques, avec de chouettes effets visuels, et d’autre part parce que si on aime Toriyama , le design des monstres est vraiment génial, sans compter que la VF est de bonne facture , avec des traductions qui prêtent facilement au jeu de mots, c’est ainsi que l’on croisera des Concombrageurs, des Rouage-gorge et autres Crabarbares. Si on rajoute à ça la possibilité pour les personnages de rentrer en mode super sayian ( ou hypertonique ), déclenchant de fait l’ouverture vers des combos potentiellement abusées avec la encore de très sympathiques mise en scène, on obtient un système de combat simple mais très efficace et dont on ne se lasse pas même au bout de plusieurs dizaines d’heures.
 
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Fallait pas l’énerver !
 
Un mot sur la difficulté. La version européenne intègre la quête draconienne, c’est en fait une série de paramètres qu’on peut ou non activer pour rehausser la difficulté originelle, qui avait fait l’objet de nombreuses critiques lors des tests imports, beaucoup se plaignaient en effet que le jeu était trop facile. Pour le coup, parmi ces paramètres, il y en a un qui permet vraiment de relever le niveau , c’est « Monstres super forts ». J’ai moi-même fait tout le jeu avec cette option. Alors ne nous méprenons pas, oui le jeu est plus dur de prime abord, mais en fin de compte ca reste totalement artificiel puisqu’il suffit de faire du leveling  jusqu’à ce que le boss qui nous paraissait imbattable devienne finalement un simple trash mob. Du coup je recommanderais ce mode, parce que ca respecte l’esprit des dragon quest , et du JRPG dans ses grandes lettres. Après on peut tout aussi bien jouer en mode normal et se balader si on aime pas farmer comme un âne, ca prendra simplement un peu plus de temps pour voir le générique de fin. Ceci étant dit, sur le end game, même au niveau max , et avec le meilleur stuff, y’a un ou deux boss qui sont assez retors et qui nécessiteront l’utilisation d’une tactique bien précise, mais rien d’insurmontable.
 
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Quête Fedex en cours ! Laissez passer !
 
A noter également qu’il y a une partie end-game assez touffue si on veut faire le 100 % , de l’ordre de la moitié de la quête principale en terme de temps de jeu je dirais. Et si on ajoute à cela les quêtes annexes sympathiques dans l’ensemble, on atteint une durée de vie très correcte pour le genre , dans mon cas quelque chose comme 120 heures.
 
Pour ma part j’ai vraiment beaucoup aimé cet opus, je le considère comme un excellent dragon quest, peut-être même le meilleur, devant l’Odyssée du Roi Maudit qui tutoyait déjà les sommets du genre. Le jeu n’invente rien mais déroule un cahier des charges du JRPG maitrisé jusqu’au bout des ongles. Si vous n’aimez pas le genre, il y a peu de chances que le jeu vous fasse changer d’avis. Dans le cas contraire, il n’y a pas à hésiter.