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Hellblade: Senua's Sacrifice

Santa CR Hellblade : Senua's Sacrifice
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Dernier jeu en date chez Ninja Theory, Hellblade Senua's Sacrifice s'écarte des productions habituelles du studio en délaissant un peu le coté action / beat'em all d'un Devil May Cry (reboot) pour laisser beaucoup plus de place à la narration qui tenait déja une bonne place dans leurs précédents jeux comme Heavenly Sword ou Enslaved. Cette fois ci, Le studio décide de nous parler d'un thème assez rarement abordé dans le jeu vidéo et le cinéma a savoir la psychose. Outre le coté inédit du sujet, Ninja Theory endosse surtout la difficile tâche d'essayer de restituer aussi fidèlement que possible les diverses pathologies. Pour cela, il s'est donné les moyens en travaillant avec des instituts de recherche sur le sujet, des psychologues et même des patients qui ont pu témoigner de leur symptômes. Le résultat de leur travail est assez renversant. Mais le plus dur sera d'essayer d'expliquer pourquoi sans trop spoiler le contenu du jeu.

 

La narration point central du jeu

 

Le jeu vous plonge dans l'histoire de Senua's une guerrière celte dont la quête l'entrainera sur des terres baignées par la mythologie nordique, celtique et la psychose. Je ne peux pas vraiment en dire plus a ce niveau mais on sait dès le début que Senua's est plutôt perturbée. Les voix qui chuchotent constamment, les visions qui semblent irréelles, et les flashback dans sa tête ne laissent aucun doute la dessus dès les premières minutes du jeu. Le gros message des développeurs avertissant des forts éléments de psychose traités dans le jeu non plus. Au fil de l'aventure, le jeu vous racontera l'histoire en mêlant subtilement les récits mythologique connus à ceux des protagonistes. La narration mélange réalité et folie, folklore et fantaisie, réalisme et fantastique. A la fois acteur et spectateur voir témoin, le jeu vous immerge dans l'univers de Senua de plein gré ou de force. Pour cela Hellblade instaure tout un contexte qui supprime tout ce qui est artificiel et qui rappelle les codes du jeu pour ne laisser place qu'à la représentation de la réalité de Senua. Par exemple, Hellblade se passe totalement d'interface.

 

Hellblade ne présente d'ailleurs aucun tutorial qui viendrait casser l'effet recherché. Ici on en vous prend pas pour un demeuré en vous expliquant comment suivre le chemin tout droit en appuyant sur le stick gauche ou comment vous battre a appuyant sur la touche Y. Au mieux, vous aurez les petites voix dans la tête de Senua qui vous susurreront quelques pistes de réflexion. On aimerait que ce soit fait intelligemment comme ça tout le temps dans les jeux. Petit point sujet a controverse, vous n'avez pas de barre de vie (ce qui est logique sans interface). En fait la narration vous présente la mort comme une extension de la folie. A chaque échec, les ténèbres s'étendront dans Senua's jusqu'au point de non retour a savoir la fin de l'aventure... définitive. J'ai pas testé mais il semblerait bien que l'on parle de permadeath. Heureusement, c'est pas vraiment le gameplay et la difficulté qui vous mettront des bâtons dans les roues.

 

Le jeu est assez bavard et pourtant le paradoxe c'est qu'il n'y a quasiment pas de dialogue. Tout tourne autour des réflexions, des pensées perturbées ou non des différents narrateurs qui se bousculent.

 

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                                                                           L'hôtel local pour les touristes

 

Un gameplay limité et redondant mais pas dénué d'intérêt

 

Les présentations faites, il est temps de se pencher un peu sur le gameplay de Hellblade. Le jeu est décomposé en 2 phases distinctes. Il y a la résolution de puzzle d'un coté et les combats de l'autre avec un schéma alternatif puzzle / arène extrêmement redondant. Coté combat on reste sur quelque chose de plutôt basique. La guerrière dispose d'une garde qui activée au bon moment déclenche une parade et sinon un blocage. Elle peut attaquer avec des coups rapides ou fort et aussi donner un coups de pied pour enfoncer les gardes. Senua's dispose enfin d'une esquive très permissive et d'un espèce de bullet time qui lui permet de déchainer sa rage sur des ennemis au ralenti pendant un certains temps. Si les premiers combats peuvent dérouter le joueur pris a froid sans la moindre explication, il s'avère a l'usage que ceux-ci sont relativement simple et n'offriront pas beaucoup de challenge laissant la peur du permadeath loin derrière. Si ces derniers sont assez basiques, ils sont en revanche parfois assez impressionnant visuellement avec la mise en scène adéquat

 

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                                                                           Sparkly the Crow c'est par où SVP?

 

Entre deux combats, Senua's devra suivre sa voie souvent obstruée par des obstacles / porte qu'il faudra ouvrir en résolvant certains puzzles. Ce qu'il faut savoir en revanche c'est que la conception des puzzles relèvent directement de la pathologie des psychotiques. On navigue donc essentiellement sur les thèmes d'illusions, de perceptions différentes de l'environnement et d'élément caché dans le décors visible sous un certains angle. Si les premiers puzzle déroutent un peu tout en semblant basique, répétitif et ennuyeux. Certains autres en revanche ne laisseront pas le joueur indifférent présentant a la fois des illusions d'optique voir des conceptions de la peur.

 

Hellbalde ne brille pas par son gameplay. Le joueur se lassera rapidement de ces situations et se demandera exactement ou le jeu veut en venir avec son schéma répétitif et dépourvu de fun. En revanche le spectateur se délectera de ses éléments jouables qui contribuent au final bien plus a la narration et au sujet. C'est un tout autre état d'esprit qu'il faut avoir pour aborder ce jeu.

 

Une technique et une direction artistique de très haute volée

 

Le sujet ne peut pas s'exprimer pleinement sans une technique et une patte artistique digne de ce nom. Et la dessus Ninja Theory a sorti l'artillerie lourde. Plus que pour n'importe quel jeu, la partie auditive a une importance majeure. C'est pour cela que le studio a enregistré tous la partie sonore de son jeu en 3D binaural. Cette technologie a pour but de restituer aussi fidèlement que possible les sons en environnement 3D. Et le résultat est saisissant. Lorsque Senua entends les voix dans sa tête et bien le joueur aussi. C'est vraiment impressionnant. Hellblade est d'ailleurs fortement conseillé d'être joué au casque pour profiter pleinement de l'expérience. Et tout le jeu est comme ça. Entre les voix, les cris, les gémissements, la bande son est aussi bien une torture qu'une immense source d'émerveillement. Ceux qui trouvait la bande son d'un Battlefiel bien foutu et bien vous n'avez vraiment rien entendu encore.

 
Spoiler :

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                                                                           On ne le voit pas dans le noir mais on l'entend très bien


Le son ne serait rien sans le visuel. Et la dessus le moteur de Ninja Theory est impeccable. Ce n'est certes pas aussi impressionnant que les gros moteur du moment mais le rendu est vraiment très bon. Le moteur se dote d'ailleurs d'un mode photo permettant de mettre une scène en pause et naviguer dedans en ajoutant divers filtres et modificateurs d'exposition et autre pour prendre des captures d'écran. Le résultat est souvent superbe. Mais tout ceci est avant tout une histoire de direction artistique. Je sais bien qu'il n'y a pas de représentation universelle de la folie. Chaque patient est atteint de troubles lui décrivant un univers qui lui semble réel. Celui imaginé par Ninja Theorie est juste a pleurer. A la fois glauque, sombre, malsain, délirant, on y trouve des inspirations à la Clive Barker, du Gothic fantaisiste à la Dark Soul le tout sur fond de folklore nordique. Certaines scènes distribue des mandales qui feront mal longtemps. Et cette DA n'est pas le fruit du hasard, elle se base pour beaucoup sur les études réalisées par le studio. Le documentaire sur la conception du jeu disponible dans les menus fait d'ailleurs partie intégrante de l'expérience. Il est fortement conseillé de le visionner mais après avoir fini le jeu évidemment. Il apporte de plus certains compléments d'information qui donneront un peu plus de compréhension du jeu.

 
Spoiler :

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                                                                           Je suis sur que les enfers de Dante sont plus accueillants

 

Conclusion
Difficile de conseiller Hellblade les yeux fermés. Ce jeu ne conviendra évidemment pas a tout le monde. Il est très lent a se mettre en place au point de trouver le début ennuyant comme les 200 premières pages descriptives d'un livre qui tente de mettre en place un univers et des protagonistes. Le gameplay est vraiment limité et redondant. Ce n'est pas le fun qui encouragera le joueur de poursuivre. Toutefois ceux dont la curiosité a été piquée lors de ce départ poussif verront progressivement qu'ils ont en fait mis le doigt dans un engrenage qui broiera lentement et de plus en plus fort le reste du bras. La narration à plusieurs niveaux qui mêle indistinctement mythologie nordique, fait réel et imaginaire psychotique finit par transporter le joueur réceptif de plus en plus profondément dans l'abime. La dimension artistique absolument grandiose terminera quand à elle de le faire plonger totalement dans la folie. Mon ressenti comme l’héroïne a beaucoup voyagé durant ce jeu passant progressivement de "décevant" à "ennuyant" puis "intrigué" jusqu'à atteindre le "captivé" et enfin le "totalement embarqué". A ce niveau on ne parle plus de jeu mais d'expérience ludique incomparable.