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Amnesia: A Machine for Pigs

CR : J’ai fini hier Amnesia : a machine for pigs.
 
Il s’agit de la suite de Amnesia : the Dark Descent, le jeu d’horreur narratif qui a contribué au succès de PewDiePie. J’y ai joué il y a quelques années et j’avais été marqué par sa capacité à installer un sentiment d’angoisse et une tension constante au fil de la partie. The Dark Descent était développé et édité par Frictionnal games. Mais ils ne souhaitaient pas développer une suite. Ils ont donc confié leur bébé à the Chinese Room qui se sont chargés de A machine for pigs.  
 
Vous incarnez Mandus, qui se réveille, amnésique, dans une grande demeure londonienne en 1899. Des voix d’enfants vous appellent et vous allez rapidement être contacté par une mystérieuse personne qui sera le principal moteur de votre progression.
 
Les niveaux sont très linéaires (ce qui plaira à JVC  :o ). Vous n’aurez que rarement besoin de revenir sur vos pas pour obtenir un objet nécessaire à l’avancement. Les énigmes sont assez simples et ne requièrent que très peu de réflexion. Actionnez le moindre levier/bouton/vanne que vous croisez, vous pouvez être sûr que ce sera utile et que vous l’aurez mis dans la bonne position. Ça frise parfois le ridicule. Pour l’anecdote, je me suis retrouvé bloqué car je n’avais pas tout de suite récupéré un objet et il m’était impossible de revenir en arrière. Je me suis retrouvé à devoir jouer avec la physique approximative pour réussir à grimper sur une chaise afin d’atteindre un point en hauteur et revenir sur mes pas.  
 
Les mécaniques de jeu ont aussi été simplifiées : finie la lampe à huile qu’il fallait recharger constamment sous peine de se retrouver dans le noir. Ici vous avez une lampe électrique qui s’éteint si vous l’utilisez trop longtemps. Mais celle-ci se recharge automatiquement, à la manière de la lampe torche dans Half Life par exemple. Fini aussi, le système de santé mentale qui représentait la peur de votre personnage et qu’il fallait gérer sous peine de commencer à avoir des hallucinations. L’inventaire disparait également. Plus besoin de chercher les boites d’amadou pour allumer les bougies ou les flacons de laudanum pour restaurer la santé.  
 
Il ne reste finalement du premier opus que le système d’interactions avec l’environnement qui se font à la souris : actionner un levier nécessitera d’abord de cliquer sur le levier puis de faire un geste à la souris pour changer la position de celui-ci. Ça n’a l’air de rien comme ça mais lorsqu’il s’agit d’ouvrir une porte dans la précipitation parce que vous êtes poursuivi, cela rajoute un peu de tension. Ce système a d’ailleurs été conservé dans SOMA et je trouve qu’il fonctionne très bien.  
 
L’immersion est très bonne. Votre personnage est lent et peu agile ce qui renforce l’impression de vulnérabilité. Les bruitages et les quelques musiques sont bien sentis et aident à créer un climat de tension. Le problème est que lorsqu’on prend conscience de la linéarité du jeu, on se sent moins en danger et la peur diminue. C’est ce qui m’est arrivé après quelques niveaux. Il y a bien des passages où il faudra éviter des monstres mais ceux-ci sont limités, et surtout contrairement à The Dark Descent, on ne peut pas tomber sur un monstre par hasard lors de l’exploration d’un niveau. On finit donc par évoluer assez sereinement dans le jeu et seuls les quelques jumpscares scriptés et certaines situations tendues suscitent un peu d’angoisse.
 
Que reste-t-il donc au jeu ? Son histoire. La narration se fait par la découverte de notes disposées ici et là dans les niveaux, ainsi que des souvenirs qui reviennent de temps en temps à Mandus. L’intrigue, basique, se dévoile par fragment et on découvre petit à petit la situation et notre identité. C’est sans doute l’aspect du jeu que j’ai le plus apprécié avec l’atmosphère. On a de temps à autre des références à the Dark Descent mais le jeu peut très bien se faire sans avoir joué au premier opus auparavant. Il vous faudra un peu plus de 4h pour en voir la fin. C’est très peu pour un jeu encore vendu 20€ mais suffisant si vous l’achetez comme moi en solde à -90%.
 
Techniquement daté, le jeu n’est pas très beau mais ça passe assez bien, la plupart des décors étant dans la pénombre. Il y a quelques passages en extérieur qui apportent de la diversité dans les environnements. J’ai eu quelques baisses de framerate sans raison apparente surtout au tout début du jeu. A part ça, le jeu tourne correctement.
 
Pour conclure, Amnesia a machine for pigs est un jeu simplifié par rapport à son ainé, sans challenge et dont le caractère horrifique se dissipe passé le début du jeu. Malgré ces changements assumés par les développeurs, l’ambiance demeure bonne et j’ai pris plaisir à découvrir l’histoire. Je vous conseille cependant de plutôt faire The Dark Descent pour l’aspect horreur et/ou SOMA pour l’aspect narratif si vous n’y avez pas déjà joué.
 
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