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Vampire: The Masquerade - Bloodlines

Messieurs, l'heure me semble bien choisie pour un peu de rétrospectives.  2017 va s'annoncer être une année fort riche pour l'univers du "Monde des Ténèbres", si cher à nos cœurs pour ses possibilités imaginaires.  
Mais entre le "Vampyr" de Dont Nod, qui génère des frissons hélas plus inquiétants qu'agréables, et le mystérieux "Werewolf" de Cyanide, qui au contraire nourrit les espoirs, il nous faudra encore patienter de très longs mois. D'autant que rien ne garantit le résultat.  
Ne boudons néanmoins pas notre plaisir face à de telles nouvelles et profitons-en pour nous replonger dans un monument du RPG qui aujourd'hui encore, malgré son âge quasi canonique, demeure inégalé.  

CR "I gonna do bad things to you" :
Vampire The Masquerade - Bloodlines
(Novembre 2004, réalisé par Troïka Games et édité par Activision)
 
Pour les quelques-uns qui, comme moi, n'ont pas goûté à ce chef-d'œuvre à sa sortie (pour faute d'âge ou d'opportunité manquée), on va résumer les choses simplement. En gros, Vampire Bloodlines, au même titre que d'autres jeux devenus légendaires, ça se pose à ce niveau :  
 
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Jeannette, une jeune "femme" avec beaucoup de... heu... "personnalités" dans le décolleté
 
Dans le détail, nous avons affaire à un jeu qui connut un développement chaotique, réalisé sur le moteur d'Half-life, et qui finira par sortir dans la douleur avec, à l'époque, une tétra-chiée de bugs frôlant parfois la catastrophe. Les réactions mitigées, mais méritées (Gamekult leur a collé un 6/10 à l'époque), n'aideront pas au succès immédiat du jeu et provoqueront la faillite de son développeur Troika Games à qui l'ont devait l'extraordinaire Arcanum et qui fut fondé par les anciens d'Interplay à qui l'ont doit les mythiques Fallout 1 et 2.  
 
Vous l'aurez deviné : le destin du jeu ne s'arrêtera pas là. Troika continuera à patcher son titre jusqu'à la faillite et une communauté enthousiaste parachèvera l'œuvre via des unofficial patch permettant une expérience parfaite. Le résultat est tout simplement bluffant. Vampire Bloodlines, par la qualité de son ambiance, le respect de l'univers vampire, la merveilleuse qualité de son écriture et la quantité de possibilités qu'il offre, va devenir malgré ses défauts un jeu absolument cultissime, désormais porté au panthéon des meilleurs RPGs.  
Aujourd'hui, en 2017, il s'agit tout simplement du meilleur jeu de rôle Vampire jamais réalisé et un must-have incontournable pour tous ceux qui apprécient le genre rôle-play. Et voici la meilleure manière de le résumer :  
 
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En plus de 35 heures de jeu, je n'ai rencontré que deux bugs plutôt mineurs. La version GOG possède tous les derniers patchs mis à jour et l'installation des patchs & mods supplémentaires se fait de la manière la plus simple au monde grâce aux sites de la communauté. Il y a même une version française de qualité ! Quant à la résolution et la 3D, aucune crainte à avoir : on peut jouer en 16:9 et les mods de texture font le boulot. Évidemment ça reste un peu vieillot, mais rien qui n'arrache les yeux.  
L'ambiance sonore, quant à elle, est une merveille d'immersion : des accents rocks et grinçants, qui retranscrivent toute la noirceur de ce monde horrible, en passant par des compositions plus sourdes pour les passages les plus stressants dans les maisons hantées ou les égouts. De quoi vibrer et rugir de concert avec la créature que l'on incarne ou au contraire frissonner et sentir son palpitant tambouriner comme un furieux dans la poitrine alors que l'on s'imprègne de la folie malfaisante des lieux parcourus. Le manoir des Malkaviens, par exemple, demeurera une expérience qui en secouera plus d'un : effet garanti ! Et comment oublier la douzaine de minutes épouvantables sur l'observatoire de Los Angeles…
 
On trouve Vampire Bloodlines à 20€ sur les stores, mais je recommande chaudement la version GOG. Et si le prix, de nos jours encore ô combien justifié, vous semble trop élevé, sachez que des promotions très régulières le font descendre sous les 10 ou 5e.  
 
 
D'accord, on est "mordu". Et dans les faits ? On joue comment ?
 
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De mille et une manières !  On commence par une classique fiche de personnage, bourré de détails et de choix. On pourra tout de suite s'orienter vers du bourrin, ou au contraire un vampire charismatique (qui devra hélas de toute manière bouriner pour avancer) et surtout, surtout!, Vampire Bloodlines nous offre la possibilité de faire un nosferatu : un être si repoussant qu'aucune interaction sociale avec les humains ne peut être autorisée. Cela obligera à se déplacer en furtif, à user de tous les couloirs, souterrains, égouts et passages secrets, et à employer la magie à foison pour devenir invisible.  
Et la magie, comme n'importe lequel de nos talents, nous coûtera du sang, augmentera notre soif, et nous rapprochera chaque fois un peu plus de la Bête qui sommeille en tout vampire. Une bête qui fait fi de la masquarade et des règles, ne pensant qu'à une chose et une seule : apaiser la Soif. Se repaître du sang des humains jusqu'à la fin des temps, dans une demi-vie maudite et sans échappatoires qui n'est autre que la finalité des descendants de Cain.  
La folie n'est jamais loin et suivra nos pas à chaque instant. À nous d'être vigilants et de nous nourrir avec discrétion si nous voulons conserver l'étincelle d'humanité qui demeure…
 
Mais après tout, cela demeure une affaire de choix :
 
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RPG oblige, Vampire Bloodlines déroulera son intrigue sous une suite de quêtes, optionnelles ou pas, toutes suffisamment ouvertes pour nous permettre de les résoudre à notre manière. Les choix de dialogue s'ouvriront en fonction des stats, mais aussi selon les interactions décidées avec les PNJs. On peut parfaitement envoyer paître ou tuer de potentiels alliés et même se rebeller contre la trame principale, mais à un prix plutôt définitif. La liberté est grande, très grande, et rappellera à tous les joueurs exigeants à quel point il est plaisant et jouissif de jouer à un vrai RPG dont l'écriture est aussi bien tenue que celle de Bloodlines.  
 
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Côté combats, le bât blesse un peu. Ces derniers ne sont pas toujours intéressants et se révéleront à certains moments très difficiles soit contre des boss, soit dans des environnements trop serrés qui troubleront trop la caméra. L'effet demeure limité, mais concerne tout de même bien 20% du jeu. Je conseille foutrement de ne pas hésiter à passer en "God mod" à certains moments, pour ne pas passer trop de temps dans du combat peu intéressant. Pour autant, j'ai pu finir le jeu sans ce dernier et sans être irrémédiablement bloqué, mais j'ai eu carrément du mal à certains moments. Pour un second run, je n'hésiterai vraiment pas.  
Un arsenal complet sera mis à notre disposition : mitraillettes, fusil à pompe, sabres, katana, massues, etc…  Les armes à feu m'ont semblé vraiment peu utiles, mieux faut partir sur les armes contondantes et maximiser sa dextérité + force. Avec les pouvoirs qui vont bien, on peut méchamment tailler son adversaire sans lui laisser trop de possibilités de nous balancer à terre : bien utile contre les boss qui sont d'une puissance peu commune. Contre des groupes d'ennemis en revanche, ne pas hésiter à être dynamique et à pratiquer la pseudo-esquive à tire-larigot, sous peine de se faire plomber en quelques coûts.  
 
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Des ténèbres à la lumière
 
On évitera de trop s'attarder sur les combats pour jouir de toute la richesse scénaristique que nous offre Bloodlines. Le jeu vaut son pesant de cacahuètes aux hémoglobines grâce à cette écriture fabuleuse qui rend chaque PNJ inoubliable, y compris les plus stéréotypés ou ceux qui, en apparence seulement, ne semblent être que pour le décor. La fin en surprendra plus d'un et, sachez-le, il sera encore possible de perdre avec le tout dernier dialogue qui clôture l'aventure.  
Le dernier plan, lui, verra une Los Angeles martyrisée qui aura finalement survécu, ou pas, grâce à vos actions. Et c'est dans les dernières ténèbres que l'on verra finalement poindre la première lumière de l'Aube, signe du renouveau et de l'avènement final de notre histoire. On regardera derrière soit, contemplera nos actions, et enfin, tout doucement, nous fermerons les yeux et nous adonnerons au repos final.  
 
Jusqu'à ce que quelqu'un reparle de Vampire Bloodlines et que l'un d'entre nous ne craque à nouveau, réinstalle le titre, et parte sur un nouveau run totalement différent du précédent.  
 
Sur ce, je vous abandonne et pars rejoindre la nuit car j'ai envie de créer une vampire Noferatu experte en piratage et en contrôle mental :love:  
 
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