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A Plague Tale: Innocence

#CR
Le mois de Mai se termine tranquillement, il fait beau, les oiseaux chantent, et les CR bourgeonnent. Aussi, pour nous changer de cette ambiance morose, je me propose d’amener un peu de gaieté avec ce CR d’un jeu qui transpire le bonheur et la félicité, je veux bien sûr parler de :

 

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A plague Tale : Innocence, c’est un peu le jeu surprise, que t’attendais pas du tout, un peu comme le dessous chocolaté croustillant sous le Paris-Brest que fait mon boulanger, également pâtissier à ses heures perdues. Donc, voilà un jeu réalisé par un studio inconnu quasiment au bataillon en ce qui me concerne : Asobo. Les types sont connus pour avoir fait The Crew 2 et … c’est à peu près tout. Diantre, qui auraient pu prévoir que les bougres s’essayeraient sans prévenir au jeu d’aventure / infiltration, et qu’en plus – je spoil un peu – ils le feraient de fort belle manière ?

 

Parce que bon, autant le dire d’emblée, le jeu est une belle réussite. Mais revenons un peu au contexte. A plague Tale, c’est le récit d’une jeune et frêle jeune fille, Amicia, qui devra rapidement quitter le confort de sa petite vie bourgeoise pour échapper aux vilains de l’inquisition, et autant dire qu’au 14 ème siècle les affreux savaient rigoler , et que passer à la questionnade était vraiment un truc que tu voulais éviter. Sans trop spoiler, puisque l’intrigue est dévoilée dès les premières minutes du jeu, le petit frère d’Amicia, Hugo, est atteint d’une étrange maladie incurable, et il semblerait que ces messieurs de l’inquisition le cherchent pour une raison inconnue. En parallèle, et c’est de là que provient le titre, le monde est ravagé par la mort noire, qui comme chacun sait est principalement transmis par .. les rats.

 

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Et voilà nos charmantes bestioles ...

 

Et des rats il y en aura. Mais contrairement à de petits rats gentillets trainant de ci de là, prêts à mordiller le premier cuissot qui passerait à portée de dents, les rats de APT ( oui , le titre est trop long à écrire, donc j’abrège ) s'avèreront être beaucoup plus féroces et révèleront très vite leur caractère surnaturel. Surgissant par centaines ou par milliers, de fosses, de cadavres, de trous dans les murs, rien ne saurait arrêter la meute de ces affreux rongeurs, qui en l’occurrence descendent sûrement d’une famille hybride de piranhas à quatre pattes. Dans leur sillage, tout ce qui est vivant est dévoré en une poignée de secondes. La seule chose qui peut stopper la nuée mortelle, son seul point faible, c’est la lumière. En effet, il semblerait que ces abominables bestioles ne supportent pas l’exposition à la lumière, et ça tombe bien, c’est là-dessus que va s’appuyer une bonne base du gameplay.

 

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Palsambleu, c'est beau

 

Notre héroïne n’est pas une guerrière en plaques, ni une magicienne, ni même un combattante en aucune façon. C’est une jeune noble, qui sait un peu manier la fronde, et c’est tout. La progression ne se fera donc pas par le fil de l’épée, puisque chaque fois qu’un garde vous attrapera, ca sera la mort assurée, mais par la résolution de puzzles ou par l’infiltration, souvent avec un mélange des deux. On aura bien évidemment la possibilité d’éliminer quelques gêneurs d’un jet de pierre bien placé derrière les oreilles, mais il n’y aura quasiment aucun combat. Le jeu fait la part belle à l’exploration et à l’infiltration, et il faudra souvent évoluer entre de nombreuses patrouilles, ou entre des nuées de rats prête à vous dévorer. Et tout ca avec sa fronde et son couteau ? Euh non , y a même pas de couteau en fait ,donc juste avec sa fronde ?

 

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Il va vraiment falloir passer par là ?

 

Heureusement non, on aura rapidement accès à des formules alchimiques qui vont nous permettre de fabriquer tout un tas de projectiles pour nous faciliter la tâche. On va donc pouvoir, tour à tour, éloigner des rats en brandissant un flambeau, ou en allumant un tortichier à distance, ou en faisant tomber un cadavre qui pendait à un gibet, en attirant les gardes dans un  piège , etc, je m’arrêterais la sur cette liste non exhaustive pour ne pas trop en dévoiler. Le gameplay est assez efficace, très simple, et ne demandera pas une dextérité particulière, juste de réfléchir un peu, mais là encore les énigmes restent assez basiques, et globalement le jeu n’offre pas de réel challenge à relever. Hormis les projectiles, on aura également la possibilité de renforcer l’équipement d’Amicia via un système de craft extrêmement classique. On récupère des composants ( parfois bien planqués) , on trouve un établi , et on améliore tout ca, pour un résultat très mitigé, voire inutile, puisqu’il est tout à fait possible de faire le jeu entièrement sans améliorer une seule partie de l’équipement , même si les améliorations liées à la discrétion pourront s’avérer assez pratiques sans être indispensables.

 

Bon, mais alors, pourquoi qu’il est bien le jeu ?

 

Vous l’aurez compris, APT est essentiellement un jeu narratif. Et à ce niveau là, on peut dire que les petits gars de chez Asobo ont plutôt bien géré leur barque. Sur le plan des décors, de la direction artistique, et de la réalisation ( si l’on excepte certaines animations faciales et un peu de sincérité dans le jeu d’acteurs par moments ), le studio réalise quasiment un sans faute. Le jeu est éblouissant de beauté et suinte le réalisme de tous ses pores. Les environnements sont absolument époustouflants de splendeur. Ici , une brume qui se lève au petit matin, sur une rivière avec un aqueduc en ruine en arrière plan. Là , un champ de bataille jonché de cadavres sur laquelle plane l’ombre de trébuchets. Une grotte souterraine, aux reflets bleutés, où les gouttes qui tombent des stalactites viennent troubler la surface du lac. Et que dire des ces forêts verdoyantes, de ce vieux château nimbé de mystères, de ces jeux de lumière parfaitement maîtrisés, et j’en passe et des meilleures.

 

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Je vous avais déjà dit que le jeu était magnifique ?

 

L’intrigue n’est pas non plus en reste, même si l’on en devine assez rapidement quelques ficelles, le scénario réserve de très belles surprises, avec la rencontre de nombreux protagonistes, qui viendront à leur manière étoffer un peu le gameplay pour permettre au jeu de se renouveler un peu, sans que l’on ait le sentiment de tomber dans une routine. Le jeu s’amusera souvent à jongler avec nos émotions , entre le rire, la tristesse, et la peur , selon que l’on assiste à une scène entre certains membres du groupe , ou que l’on soit obligés d’évoluer dans un charnier , cernés par une horde de rats , ou encore poursuivis par les sbires de l’inquisition. Et puis il y a cette ambiance pesante, étouffante, nous rappelant sans cesse le contexte morbide et dramatique qui entoure Amicia et ses amis.

 

Un mot sur la collecte des goodies, qui bien que très anecdotique, a le mérite de proposer une description pour chaque objet trouvé, replaçant ainsi les choses dans le contexte historique, ne soyez pas étonnés, vous pourriez même vous cultiver un peu.

 

Certes, le titre pêche un peu par quelques erreurs de jeunesse, je parlais des animations faciales, certaines sont un peu surjouées – n’est pas naughty dog qui veut , le jeu emprunte d’ailleurs beaucoup à The Last Of Us dans sa structure narrative – et il y a parfois quelques errances dans le craft et le gameplay, mais globalement, je le disais en introduction, ce jeu est pour moi la grosse surprise de cette année, je ne l’attendais pas du tout et j’ai fait quasiment d’une traite la grosse dizaine d’heures nécessaire pour en connaître le dénouement. J’y appose donc le seal of quality HFR : si vous aimez les aventures narratives, avec de vrais morceaux d’émotion dedans, il n’y a pas à hésiter.