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Un Maitre Tartuffe

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Thronebreaker: The Witcher Tales

CR "Du sang et des Larmes" : Thronebreaker - The witcher tales
(développé et édité par CD Projekt RED, paru le 9 novembre 2018)
 
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Pour beaucoup d'entre nous, la moindre évocation de CDPR provoque généralement un doux frisson où se mélange la joie profonde de souvenirs émus et l'excitation de nouveaux plaisirs en devenir.  
Le studio et éditeur qui a tant bouleversé le cœur des joueurs n'a guère plus besoin qu'on dresse son apologie ou qu'un énième portrait dithyrambique s'ajoute à sa gloire. Les qualités monstrueuses de ces trois jeux "Witcher" y suffisent.  
 
Une telle réputation peut être dure à porter. Nombre de studios ces derniers temps, adulés jusqu'au firmament il y a encore moins d'une demi-dizaine d'années pour la qualité de leur production solo-RPG-aventure open-world, sont désormais vouées aux gémonies par un grand nombre d'entre nous tant les espoirs ont été douchés.  
 
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A Witcher is coming
 
 
Alors quand CDPR a annoncé à la plus grande surprise la sortie d'un nouveau jeu estampé "Witcher Universe", j'ai d'abord bondi de joie. Puis, j'ai découvert que ce serait un jeu à base de cartes selon les règles (adaptées) du GWENT et là mon enthousiasme a été douché.  
Puis, CDPR a sorti son jeu quasiment dans la foulée et les retours étaient unanimes sur la qualité du titre. Il y avait à boire et à manger (20 heures facile de jeu), une véritable histoire avec une sacrée mise en scène (et pas juste des combats de cartes à n'en plus finir), des enjeux forts avec des conséquences narratives et scénaristiques propres à tout bon RPG qui se respecte, et à la fin de nouveau ce p*** de PLAISIR :love:  
 
Alors j'ai acheté le titre à 25€ et me suis plongé dedans.  
Et c'était surprenant. Prenant. Difficile. Délicieux.  
Passionnant.  
 
Vous nous aviez manqués, CDPR. Bordel que vous nous aviez manqués !  
 
 
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De l'aventure pour BONHOMME et GAILLARDE !
 
 
 
 
Conclusion rapide TL,DR
 
 
On aime :
• La durée de vie : 20h, c'est ni trop long ni trop court. Le rythme est soutenu, les développements temporels collent aux enjeux. Jamais on a l'impression de faire des détours inutiles compte tenu de l'urgence de la situation : on est en guerre, dans une course contre la montre, et ça se sent !  
• Les personnages, l'histoire, les ressorts du scénario, les quêtes annexes et leurs conséquences : y'a pas à dire, chez CDPR ils savent mettre de la qualité narrative. TOUT dans le jeu est sérieux et jamais gratuit. Un tel vous demande de sauver sa fiancée enlevée par des brigands ? Soyez certains qu'il y a anguille sous roche. Un chevalier fanatique veut absolument faire la peau à un troll ? Il y a évidemment autre chose derrière. Vos compagnons eux-mêmes seront pleins de surprises, sans compter les PNJs "monarques" que vous rencontrerez qui feront avancer l'histoire vers des sentiers bien plus complexes qu'un pauvre "BOUM ! BASTON".
Après tous ces jeux où on se casse le c*** à ramasser des foutues grenouilles, à tuer dix montres quelconques ou à miner vingt unités de Chaipasquoi, le respect et l'ambition que démontre une fois de plus CDPR vis-à-vis de ses joueurs sont à saluer.  
 
• L'exécution du rythme : si on veut aller plus vite, on a le mode facile ou même la possibilité de sauter certaines batailles. Les quêtes annexes ont de vrais impacts, mais les ignorer ne dénaturera pas le jeu. A l'inverse, si on veut tout ratiboiser et profiter de chaque petit secret de Thronebreaker, on aura de quoi titiller les 30h voire même plus si on se cale en difficulté maximale.  
• La difficulté : globalement c'est pas mal. Plutôt dur même. Les batailles "Histoire" obligent à se creuser un peu la cervelle et à composer son jeu de cartes avec soin si on ne veut pas de mauvaises surprises. L'IA est excellente et ne fera jamais "d'erreurs stupides" sans pour autant se montrer d'une prescience infernale. L'on devra tout de même souvent recommencer certaines batailles, car on ignore tout des capacités spéciales des unités de notre adversaire ce qui empêche de se préparer "a priori". De même il n'existe pas de "deck ultime" permettant la victoire assurée à chaque fois, bien que certaines combinaisons, quand on a la chance de tomber dessus, sont foutrement OP.  
• le doublage de 100% des personnages : ces accents et ces sonorités ! On s'y croirait :D et les nains bordel :lol:
 
 
On aime moins :  
• Certaines batailles qui traînent en longueur : quand ça fait deux heures qu'on parcourt la carte et qu'on a 3 tours à s'enquiller avant d'accéder à telle forteresse qui va débloquer l'intrigue, bah on a envie d'accélérer !  
• Geralt de Riv et les sorceleurs : apparition trop brève pour qu'ils servissent à quoi que ce soit… Dommage, on aurait aimé un peu plus qu'un clin d'œil.  
• Quelques rares combats "injustes" au premier abord et qui deviennent très simple quand on recommande, parce qu'on sait exactement à quoi s'attendre désormais.  
• Ces p**** de puzzle parfois super durs !! Tous optionnels, d'accord, mais quel casse-tête chinois !
 
Bref c'est un jeu à acheter et à dévorer pour toute sa richesse et sa générosité. Moi qui suis hermétique aux jeux de cartes, je me suis pas ennuyé une seconde !  
 
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Elle est pas belle mon armée ?
 
 
A tale of two kingdom :
 
 
Thronebreaker nous place à la tête de l'armée du royaume de Lyria, en la personne de son illustre monarque, la belle et redoutable Reine Meve. Présentement bougrement occupée à bouter hors de chez elle l'occupant Nilfgaardien qui s'est invité chez elle (et ses voisins) et semble pas décider à s'en aller.  
Qu'à cela ne tienne, Meve va leur expliquer la vie.  
 
Pour se faire, on baladera notre armée dans 5 actes différents, allant des larges plaines rieuses de la Lyria jusqu'aux hautes montagnes de nains, en passant par des marais nauséabonds, pour tour à tour combattre l'adversaire, recruter de nouveaux soldats, fortifier notre arbre de compétences, amasser bois et or pour payer tout ça, et résoudre quête, labyrinthes, puzzles et combats, tout en prenant des décisions lourdes de conséquences.  
 
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Donc là y'a une quête au nord. Ah y'a aussi un puzzle à gauche, là, vers l'ouest. Et faut pas oublier les villageois et la taverne un peu avant non plus. Tiens, y'a une bataille capitale pour l'histoire pas loin. Ben les enfants on va pas manquer de quoi s'occuper !
 
 
Un véritable RPG version "deck building" foutrement plaisant. Les personnages et dialogues sont intégralement doublés par d'excellents comédiens qui incarnent corps et âme leurs avatars. On tremble et on rit avec eux, devant les effroyables trahisons de certains compagnons jusqu'aux plans les plus WTF nourris par l'énergie du désespoir et qui, parfois, finissent enfin par nous mener à la victoire alors qu'un cri s'élève autour de nous et que nous hurlons à notre tour : "HOURRA !" et "LONG LIVE THE QUEEN !".  
 
 
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"Je vous promets du sang, Messieurs. Et pas que le nôtre. "  -  Meve, Reine du Nord.
 
 
Heroes & Magic : la stratégie des cartes
 
 
Pour combattre, donc, on utilise notre jeu de cartes selon les règles du QWENT introduit dans Witcher 3 - the Wild Hunt.  
Règles un peu modifiées cependant, ce qui permettra aux vétérans de retrouver le plaisir d'une certaine découverte et aux novices de se familiariser plus facilement avec ce jeu.  
 
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FIRE ! [is good for us]
 
 
Notre deck sera composé d'unités d'abord imposées puis que l'on pourra améliorer et enrichir tout au long de l'aventure au fur et à mesure de notre montée en puissance. Pour se faire, il suffira de dépenser des montagnes d'or et de bois dans l'amélioration du camp de Meve ce qui permettra de recruter de nouvelles unités et de dégager des synergies efficaces.  
 
 
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Une armée ça vit pas que d'eau fraîche. Faut du bois pour le camp, de l'or pour les soldats, et éventuellement une gueuse ou un gueux de temps pour la tendresse après la bagarre.
 
 
Les mécaniques de base du GWENT nous seront enseignées sur un tutoriel d'une petite heure. Viendra ensuite l'approfondissement, tout au long du jeu, sous la forme de batailles spécifiques soit par "puzzle" soit par ressort scénaristique mettant en scène des unités spécifiques qui nous permettront d'apprendre tous leurs ressorts et leurs possibilités avant de les recruter peu après.  
 
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Les puzzles c'est comme la bière : faut réfléchir avant d'y aller, mais pas trop non plus
 
 
C'est très plaisant, car on a sans cesse le sentiment de découvrir quelque chose de nouveau, une nouvelle manière de construire son deck, de remporter des batailles ou d'empêtrer son adversaire avant de lui flanquer la misère.  
Et comme tout ceci s'intègre parfaitement à l'histoire, la sensation d'être dans une "campagne de tutoriel" n'est jamais présente.  
 
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Ça a l'air mignon comme ça, mais vous avez pas idée de ce qu'il a fallu subir avant de récupérer le "chien"
 
 
La version française fait un bon boulot, mais hélas quelques subtilités échappent parfois aux explications données et on se retrouve à découvrir que telle ou telle carte a en réalité un effet fort différent de celui qu'on pensait. Et quand ça arrive en plein combat en retournant toute la situation en notre défaveur, ça fait mal :o  
En anglais ça arrive aussi hélas. Mais moins.  
Dans tous les cas ça reste très rare et si ça frustre en quelques occasions, jamais au point de quitter le jeu de rage.  
 
 
Elle descend de la montagne à chevaaaaaaaal
 
 
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Le feu, la glace, les marais... Non mais je me plains pas, c'est dépaysant, mais bon on pourrait pas voir un endroit cozy une fois ? J'sais pas moi, genre un chouette chateau ? Avec des geôles. Et des gibets. Des armes de sièges. Et des flammes aussi oui !
 
 
Thronebreaker est un beau jeu. Un très beau jeu.  
Outre les superbes environnements que l'on côtoie (ah les montagnes magistrales de la cité des Nains ! Ah ces flammes dansantes et ce brouillard de fumée au travers des villes et forteresses abattues par les foudres de la guerre), un soin particulier a été donné à la carte et à ceux qui la peuplent.  
Ce sont mille et un petits détails qui rendent ce monde vivant et crédible. Les animations irréprochables des uns et des autres, la pluie et la brume sur la carte, la caméra qui tout d'un coup s'éloigne pour mettre en scène de grandioses décors autour de nous, le cri de ce dragon qui fend le ciel ! Tout ceci nous plonge au cœur de l'action et donne comme jamais la sensation d'être immergé parmi cette arme, maître du destin de ces hommes et femmes soumis à la fortune malveillante de la guerre.  
 
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AH ben voilà ! Quand on veut on peut
 
 
Et par-dessus tout, ce sont les doublages et l'excellente incarnation de Meve qui apporte ce surplus d'âme au jeu qui le classe dans la catégorie des grands. La reine déchue de Lyria irradie de présence dans Thronebreaker et si le scénario nous est imposé, une telle liberté est laissée dans les décisions que c'est véritablement à travers nous que Meve s'exprime et vit.  
Entourée d'ennemis, pourchassée par une armée la surclassant de un à dix, le destin de cette reine, que l'on pourtant destinée au grandiose, nous apparaît comme irrémédiablement fatal malgré toute l'énergie qu'elle parvient à nous communiquer.  
Fonçant dans la mêlée à cheval, à grands cris d'invectives et de harangues héroïques, Meve se dépasse et transcende sa condition tragique pour incarner pleinement ce personnage placée entre nos mains. Tour à tour indomptable et brisée par les événements, simple mais jamais simpliste, l'avatar principal de Thronebreaker est à l'aune des personnages que nous a déjà confiés CDPR : iconique et pourtant terriblement humaine.  
 
 
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Et sinon, bande de pingres, vous oublierez pas ma p'tite note pour avoir libérer tous vos royaumes hein ? Parce que bon, j'ai toujours mon armée moi et une armée pas payée, ça peut vite foutre le boxon chez ses débiteurs. Indépendamment d'ma bonne volonté, vous noterez. On s'comprend bien hein hein ?
 
 
Et c'est peut-être cela qu'on entend dans la voix de Meve et de ses compagnons, à travers les dialogues magnifiquement doublés de tous les personnages : que tout ceci est joué, mais que ce n'en est pas moins réel pour autant.  
 
Le reste, in fine, n'est qu'une autre histoire.